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Historique Châteauneuf-du-Pape

En 1157 Geoffroy, évêque d’Avignon, possède quelques vignes à Châteauneuf [1] Calcenier et en 1308 Clément V - le premier Pape d’Avignon - fait planter quelques arpents de vigne qui, en s’agrandissant sous Jean XXII - son successeur - deviennent le noyau des possessions viticoles de la papauté à Châteauneuf. C’est le même Jean XXII qui commence à appeler le vin de Châteauneuf : « Vin du Pape » et c’est sous sa papauté que sont plantés des quartiers célèbres de Châteauneuf comme Mont-Redon, Maupertuis, Fagueirol, Cabrières, Beau-Renard et Bois Sénéchaux.

Après le départ des Papes, la défense des intérêts viticoles a été assurée par les évêques puis les archevêques d’Avignon qui en 1727 ont écrit aux consuls pour empêcher une récolte trop précoce qui aurait nui à la qualité du vin.

Il est à noter qu’en 1737 les vignerons de Châteauneuf-du-Pape avaient demandé à pouvoir apposer eux aussi sur leurs tonneaux la marque CDR (ou Côte du Rhône) comme un édit royal autorisait les villages de Tavel, Lirac, Saint Laurent des Arbres, Saint Genies de Comolas, Montfaucon et Roquemaure à le faire. Cela leur a été refusé par le pouvoir royal et il est bien difficile de dire si les critères de refus étaient uniquement qualitatifs.

En 1750 le vignoble couvre 650 hectares puis 668 en 1800. A cette époque le vin est connu et vendu non seulement partout en France mais aussi à l’étranger : en Italie - dont Rome et le Vatican, - Angleterre, Allemagne et aux Etats-Unis. En cette fin de XIXe siècle, Frédéric Mistral se fait le chantre de ce vin avec son ami Alphonse Daudet. Pourtant les châteauneuvois ne jouiront que peu de temps de leur notoriété et de l’aisance qu’elle procure. En effet le phylloxera frappera ici comme ailleurs à partir de 1870 et l’économie locale sera ruinée.

La parade est trouvée par le greffage sur plant américain : en 1900 le vignoble couvre à nouveau 600 hectares et la reconquête des marchés perdus est lancée. Toutefois, le succès attire les imitateurs qui usurpent le nom de Châteauneuf en vendant sous cette appellation des vins de qualité médiocre et portant ainsi préjudice aux défenseurs du vrai Châteauneuf. En 1923 les châteauneuvois demandent de l’aide au baron Le Roy de Boiseaumarie qui crée le syndicat des vignerons de Châteauneuf et pose les bases de l’appellation qui est aujourd’hui encore une des plus sévères en France tant au niveau de l’aire géographique, des rendements, que de l’obligation du tri des raisins. En juin 1929 le procès en délimitation est gagné et en 1937 l’ancêtre de l’INAO confirme par la loi ces dispositions.

Ces efforts qualitatifs ont été constants et sont aujourd’hui de plus en plus partagés par les vignerons locaux ce qui a fait dire à des critiques de publications consacrées au vin comme Thierry Dessauve ou Robert Parker que le Châteauneuf du Pape, lorsqu’il est réussi, est un des dix grands crus de France.

 

[1] Châteauneuf s’appelera - officiellement - Châteauneuf Calcenier jusqu’en 1893 mais l’usage populaire avait consacré le nom de Chateauneuf du Pape bien avant.

Bibliographie :
• Châteauneuf du Pape par Michel Dovaz aux Editions Jacques Legrand de 1992,
• Les vins du Rhône et de la Méditerranée aux Editions Montalba par un collectif d’écrivains dont Jean Giono, Marie Mauron, Henri Boscos.

 
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