Millésime 2012
Actualités
• Résumé du millésime et des éléments marquants de l'année
  Nouvelle frontière, nouveaux terroirs
 

La presse en 2011

Faire les bons choix

Parfois, certains millésimes pourraient nous laisser à penser que, quoi que nous fassions, quelles qu’aient été nos décisions, c’est Mère Nature qui décide de la qualité des vins. Et puis, d’autres années, nos intuitions, notre expérience, nos paris, nous permettent de croire encore que, nous, vignerons passionnés, avons encore le pouvoir d’influer sur le cours des évènements. 2013 est de celles-là, car, si dans une année aussi compliquée les vins sont excellents, c’est parce que nous n’avons jamais baissé les bras ; que nous nous sommes battus toute la saison pour inverser le cours des choses, qui semblait nous amener vers une année catastrophe.

Evidement, il faut également de la chance. En général, nous nous en remettons au Dieu des vignerons provençaux : le Mistral, qui balaye les sombres perspectives d’une année humide ; mais en cette année tardive il avait décidé de s’en aller avec les hirondelles, fin septembre.
Par chance les raisins étaient incroyablement résistants, malgré l’humidité, la douceur des températures, et grâce au travail accompli, ils avaient décidé de rester beaux et sains ; le botrytis n’a jamais pu s’implanter et nous avons pu vendanger dans de très bonnes conditions, en attendant les maturités, très tardives, des grenaches. Globalement l’année a été tardive, la plus tardive depuis 30 ans ; mais cela n’a rien d’extraordinaire si l’on compare avec ce qu’ont vécu nos parents. Les vendanges ont commencé le 11 septembre pour se terminer le 12 octobre.
Les vins rosés et les blancs sont superbes, parfumés et frais ; les rouges sont fruités, ronds, d’une belle matière et très équilibrés : une bonne année.

Maintenant parlons de ce qui fâche et nous désespère : la quantité, et là, c’est impressionnant. La perte de récolte varie entre 30 et 50% suivant les appellations. C’est du jamais vu. Cela nous met évidemment dans une position difficile, après les gels d’hiver du vignoble en 2010 et 2012, cela fait beaucoup.
Alors, que s’est-il passé ?
Après un hiver froid, le printemps a été très frais et pluvieux jusqu’à la fin juin, ce qui a déclenché une coulure* inimaginable sur les grenaches ; dans certaines parcelles, cette coulure est allée jusqu’à 80% de la récolte, pire que s’il avait gelé ou grêlé.
Les autres cépages ont également été impactés, mais beaucoup moins.
Ensuite l’été a été magnifique, avec quelques pluies au moment opportun et une chaleur sans excès, mais cela n’a jamais permis de rattraper le retard d’environ 3 semaines de la végétation, dû au printemps froid.
C’est à ce moment là que nous nous sommes acharnés à poursuivre notre travail, méthodiquement, car, sachant que la récolte allait se faire de fin septembre à mi-octobre, nous étions sous la menace des pluies qui surviennent en général au moment de l’équinoxe, autour du 20 septembre.

* coulure : fleurs qui restent stériles

Nous avons donc soigné les effeuillages de façon à aérer les grappes, gardé de l’herbe dans les parcelles sensibles pour absorber les éventuelles pluies. Nous avons travaillé sans répit jusqu’à la veille des vendanges.
Et notre pari a été gagnant ; il a plu, peu heureusement, mais l’atmosphère était humide. Cependant, grâce à notre préparation ultra soignée, tout s’est parfaitement déroulé et nous avons pu rentrer notre maigre récolte à pleine maturité.

2013 est donc un millésime différent des autres, avec nettement moins de grenache. Mais différent signifie-t-il moins bien ?
Non, absolument pas. Le caractère des vins rouges est certes atypique, toutefois, il n’en reste pas moins remarquable, car le manque de grenache est compensé par une qualité exceptionnelle des autres cépages, notamment les syrahs, certainement les plus belles depuis 20 ans, et curieusement les mourvèdres, qui, malgré l’année tardive sont époustouflants.
2013 fut une année très dure, qui ne nous a jamais laissé souffler ; la seule éclaircie reste la qualité incontestable des vins.
En conclusion les vins sont superbes, mais seront extrêmement rares.

2012 après élevage est conforme à nos attentes : un de nos millésimes préférés, à mettre dans notre Top 5.

Les vins sont harmonieux, équilibrés, suaves et frais, et en même temps incroyablement parfumés et d’une rare complexité aromatique avec un mélange subtil de parfums floraux et fruités, un grand millésime qui ne joue pas des muscles mais séduit par un charme fou, qui fait que l’on tombe amoureux dès qu’on le goûte : un millésime magnifique.

Pour finir, 2013 est notre première récolte certifiée Bio, sauf pour une parcelle de Tavel acquise cette année et qui fera l’objet d’une cuvée à part.
Nous sommes heureux et fiers de pouvoir enfin nous revendiquer officiellement de ce qui nous a toujours parut indispensable : une agriculture Bio, respectueuse et amoureuse de ses terroirs.

Dans l’attente du plaisir de vous recevoir en nos chais de Tavel, veuillez agréer Madame, Monsieur, l’expression de nos sincères salutations.


 

 

 

 

Haut de page